Le makhila ou makila, bâton de marche Basque depuis plus de 200 ans

Un objet du quotidien à l'origine mystérieuse

Charles-bergara-avec-son-makhila-en-montagne

L’origine du makhila - makila, makilla ou maquila, plusieurs orthographes existent - reste un mystère. Peu d’écrits ont été consacrés à cet objet d'usage courant, à une époque où tous les Basques possédaient leur makhila. Utilisé comme compagnon de marche par les Basques, le makhila - qui signifie " le bâton " en basque -faisait partie du quotidien des habitants du Pays Basque et plus particulièrement dans la province du Labourd.

À une époque où les moyens de transport étaient peu développés et les chemins pas toujours sûrs, il était à la fois un excellent bâton de marche et une arme permettant d’intimider l’ennemi ou de le combattre au besoin. Ce n’est qu’au XIXe siècle que les premières références au makhila apparaissent dans la littérature alors que l’objet est déjà bien installé dans la vie quotidienne basque.

Le makhila, indissociable du Basque depuis plus de trois siècles

makhila-baton-de-marche-traditionnel-du-pays-basque
Le makhila (makila) est un bâton ferré, en bois de néflier, d'un beau rouge, qui possède une pointe dans son manche et une dragonne qui permet de la brandir. C’est ainsi que les visiteurs le décrivent au XIXe siècle.

On le retrouve notamment dans une série d’aquarelles de 1823. Cette série rassemble une centaine d’illustrations représentant les différents métiers de l’époque : pêcheurs, cuisinier, boulanger, etc. Dans leur grande majorité, ces personnages sont accompagnés d’un makila (makhila). Ces dessins montrent à quel point le makhila accompagnait la vie du Basque.

L’historien Philippe Veyrin commente ces représentations du costume Basque de l’époque : « Le pantalon commence à se substituer à la culotte du siècle précédent qui résiste encore. Le makhila d’aspect plus débonnaire remplace dards, piques, poignards ou épées ».

Felix Morel, dans Bayonne, vues historiques et descriptives, décrit en 1936 les habitants du Pays Basque ainsi :

Le Basque chaussé d’espartilles, vêtu de velours, aux longs cheveux flottans, au berret bleu et au maquila national

Habit-du-basque-makhila-qui-n-est-pas-baton-de-berger
Costume-du-basque-avec-son-bâton-néflier-makhila-makila

Un excellent compagnon de marche

Le-makhila-bâton-de-marche-pays-basque
Aujourd'hui, nous continuons à fabriquer le makhila (makila) comme le faisait notre famille autrefois (les Ainciart puis les Bergara).

Le bois utilisé pour faire un makhila est toujours le bois de néflier, bois choisi par nos ancêtres pour ses qualités (robustesse, légèreté et flexibilité).

Nous fabriquons chaque makhila pour une personne bien précise. Tous nos makhilas sont donc réalisés sur commande et personnalisés.

Nous respectons les savoir-faire traditionnels, transmis sur plus de sept générations, pour que le makhila soit un excellent compagnon de marche. Chaque makhila est ainsi adapté au poids et à la taille de son propriétaire et équilibré en son milieu pour favoriser la marche. Tous les makhilas ont donc des tailles différentes.

Le makhila a une longueur bien particulière. C'est un bâton court, cette hauteur permet de soulager et d'accompagner la marche, et ce depuis plusieurs siècles. La dragonne (lanière en cuir) permet de stabiliser le pommeau dans la main et d'assurer la marche.

Evolution-des-pommeaux-de-makhilas-traditionnels-basque
Pointe-makila-histoire-pays-basque
De nombreux éléments du makhila (makila) ont évolué avec les changements de société et et l'évolution des moeurs : ses décorations, ses symboles gravés dans le métal, son pommeau et sa pointe.

Le pommeau s'est élargi, son ergonomie a été retravaillée pour mieux s’adapter à la main du marcheur. Les viroles d’aujourd’hui sont plus ornementées. Enfin, la pointe a évolué en fonction du sol. Les pointes étaient parfois autrefois faites de trois points d'appui, apportant une grande stabilité sur la terre battue des intérieurs des maisons. La pointe actuelle, avec un seul point d'appui, est plus adapté aux sentiers de montagne.

Les makhilas ci-dessus ont tous été fabriqués par notre famille (Ainciart Bergara). Il s'agit de la panoplie donnée au Musée Basque et de l'histoire de Bayonne par Jean Ainciart en 1924. Pour en savoir plus sur le don au Musée Basque, vous pouvez consulter cet article du blog.