Le bois de néflier, le coeur du makhila (makila)

Une essence choisie par nos ancêtres

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Le bois utilisé pour nos makhilas est depuis toujours, et uniquement, le bois de néflier. Il existe deux espèces de néflier : japonica et germanica.

Seule la dernière, Mespilus germanica, est utilisée pour fabriquer les makhilas Ainciart Bergara. Elle est surtout connue pour ses fruits, les nèfles, qu'il n'est possible de manger qu'avec le retour du froid. Cette essence servait également à faire des manches d'outils comme ceux des haches par exemple.

À l'origine, il y a des plusieurs siècles, ce sont nos ancêtres qui ont choisi le néflier pour ses qualités : solidité et flexibilité, deux caractéristiques primordiales pour un bâton de marche.

Son bois est dense sans être lourd. Son grain est fin et prend un beau poli. Le néflier est un arbuste à croissance lente, c'est ce qui lui confère sa force et sa robustesse, tout en restant un bois léger.

Il pousse dans les haies, boisements et forêts du Pays Basque et du Béarn. C'est donc dans ces espaces que nous trouvons la plupart de nos tiges de néflier. Jean Bergara (5e génération) a également créé une pépinière dans le village de Larressore qui permet de compléter les besoins.
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La scarification des tiges de néflier

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Au cours des années de pousse, les tiges sont surveillées et les branches secondaires naissantes sont supprimées afin d’éviter des nœuds trop importants sur le bois. Nous marquons les tiges lorsque le diamètre est assez important.

Nous utilisons deux outils différents : le premier est permet d’effectuer des tiretés, le second est un objet tranchant en forme de S qui permet de réaliser des courbes. Le marquage est une opération délicate qui demande beaucoup d'expérience : il faut savoir marquer assez le bois pour permettre la cicatrisation, sans trop le marquer, ce qui rend le résultat peu esthétique.

Après ce marquage, le bois de néflier va cicatriser sur pied pendant une année végétale avant d’être coupé. Nous restons chaque année tributaires du temps estival qui détermine la pousse de la tige.

Écorçage, lorsque le dessin se révèle

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Les tiges de néflier, encore vertes, car elles viennent d'être coupées, sont passées dans notre four à bois et écorcées grâce à la chaleur.
C’est à ce moment que se révèlent l’ampleur et la beauté des scarifications. Nous obtenons alors un bois blanc, qu'il est souvent nécessaire de redresser.

Ce passage au four n’est que le début d’une longue préparation avant que la tige écorcée ne soit montée en makhila (makila).

À tous les stades est opérée une sélection sévère qui entraîne des pertes.

Comme le dit souvent Charles Bergara (5e génération), "nous ne gardons que le très beau" et beaucoup de tiges sont ainsi mises de côté.
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bois-de-neflier-makila-makhila-écorcé-a-la-main
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bois-néflier-écorcé-pour-makila-larressore

10 années de séchage

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Intervient ensuite la coloration du bois, mise au point par nos ancêtres et gardée secrète. Ce procédé naturel a un résultat non prévisible : même en agissant à l’identique, la couleur obtenue est toujours différente. C'est magique !

Chaque bois de néflier réagit à sa manière et obtient sa propre couleur, qui va varier d’un beige foncé, à un marron intense, en passant par des teintes parfois proches du rouge. Nous nourrissons régulièrement le bois pendant une dizaine d’années afin de terminer cette très longue phase de préparation.

Les bois attendent ensuite patiemment dans les greniers de la famille d’être choisis pour devenir makhila. Le choix du bois est primordial : pas de beau bois, pas de beau makhila, a coutume de dire Charles Bergara.